D’une guerre d’occupation « ordinaire »
à l’histoire singulière d’une poche de résistance allemande

Ce site a été créé pour présenter ma recherche depuis le début des années 2000 sur la guerre 39-45 dans le département de « Loire-Inférieure » et singulièrement en Pays de Retz jusqu’à l’ultime étape de la Poche de Saint-Nazaire.

Pour rédiger les ouvrages présentés ici, je me suis appuyé sur les archives civiles, militaires et familiales ainsi que sur les témoignages des protagonistes français et allemands. J’ai donc eu recours aux journaux de marche des unités, aux rapports d’interrogatoire des officiers allemands prisonniers, aux journaux de guerre des empochés, autant de documents que j’ai pu croiser avec les témoignages de plus de 300 personnes ayant connu la période, dont de nombreuses femmes… J’ai interrogé des soldats des deux camps mais aussi des résistants, des réfractaires au STO, des gendarmes, des paysans, des meuniers, des bouchers… Et même des enfants de l’époque.

Le fruit de cette recherche m’a permis de retracer d’abord le parcours singulier d’un jeune paysan de Saint-Père-en-Retz traversant guerre et captivité entre 1938 et 1945 dans un ouvrage intitulé « Une guerre de sept ans » (Éditions du Petit Véhicule, 2003). Puis je me suis attaché à décrire la vie quotidienne sous l’Occupation en Loire-Inférieure, et spécialement en Pays de Retz, tout en tentant une approche à la fois sociale, psychologique et militaire de ce que fut la poche de Saint-Nazaire depuis la fin de l’été 1944 jusqu’à sa libération le 11 mai 1945. Cela s’est traduit dans trois ouvrages édités par Geste Editions : « Une si longue occupation » en 2004, « La catastrophe du Boivre » en 2005 et « Portraits de guerre » en 2007.

J’ai ensuite fait une incursion dans l’histoire de la première moitié du XXème siècle (et en particulier l’entre-deux guerres) pour livrer en 2010 « Écho d’un pays disparu », un ouvrage touchant à l’ethnologie rurale rassemblant de touchants et truculents récits sur la vie quotidienne dans un bourg rural du Pays de Retz entre 1900 et 1960.

Et enfin, je suis revenu en 2015 à mon thème de prédilection dans un ouvrage de synthèse intitulé « Poche de Saint-Nazaire – Neuf mois d’une guerre oubliée ». Après un deuxième tirage en 2017, Geste Editions a présenté en 2022 une édition augmentée et enrichie par des archives et des témoignages inédits dans un livre de 470 pages dont un cahier de photos de 24 pages sur papier glacé.

Tout en développant les caractéristiques communes à l’ensemble de la poche de Saint-Nazaire, j’ai accordé dans ce livre une importance particulière à la poche sud (englobant onze communes du nord du pays de Retz) pour en souligner le rôle économique et militaire dans le dispositif militaire global de l’occupant. Plusieurs chapitres traitent aussi de la poche nord, en particulier dans la phase où elle se constitua à l’été 1944, mais aussi lors de cette interminable guérilla de patrouilles et d’artillerie à travers Vilaine et Isac qui allait l’endeuiller jusqu’à sa libération.

L’histoire méconnue des poches de l’Atlantique

Le sort des « poches » de l’Atlantique a peu inspiré les historiens car il s’agit d’une histoire marginale par rapport à la grande histoire qui se développait sur le front principal. Pourtant, Hitler n’a jamais négligé la défense de ces grandes forteresses sur la façade maritime de l’Europe. Outre sa volonté de ne pas perdre la face en abandonnant ces ports en eau profonde devenus les fleurons du mur de l’Atlantique, il n’oublia jamais et jusqu’à la fin, leur intérêt stratégique dans la perspective heureusement chimérique de la mise au point des « armes secrètes » ou d’un retournement d’alliance.

Les poches furent aussi un enjeu politico-militaire important pour la France libre, et dès l’automne 1944, de Gaulle n’eut de cesse d’organiser leur capture, avec ou sans l’aide alliée. Il s’agissait non seulement de restaurer l’intégrité du territoire national, mais aussi de recouvrer l’un des attributs de l’indépendance et de la dignité du pays, celui d’une armée française reconstituée, capable de chasser l’Allemand des dernières parcelles occupées qui ne représentaient pourtant qu’un pour cent du territoire. Traumatisées par le désastre du bombardement de Royan en janvier 1945, les poches de Gironde furent les premières qu’on chercha à libérer et les premières qu’on libéra effectivement à la mi-avril 1945. Mais ce qui devait être l’acte précurseur de la libération de vive force des poches de Dunkerque, Lorient, La Rochelle et Saint-Nazaire, devait rester une réussite au goût trop amer pour qu’on la réitère. On peut même supposer qu’une attaque frontale de la poche de Saint-Nazaire se serait accompagnée de pertes civiles plus graves encore, et le nouveau pouvoir politique eut la sagesse d’épargner cette dernière épreuve à des populations déjà suffisamment meurtries.

Poche de Saint-Nazaire
Neuf mois d’une guerre oubliée


À l’été 1944, après avoir libéré la Bretagne en moins d’une semaine, les chars de Patton avaient contourné les « poches » pour mettre cap à l’Est et gagner la course à Berlin. La Poche de Saint-Nazaire fut la plus vaste et la plus peuplée des poches de l’Atlantique : 30 000 soldats allemands au milieu de 120 000 civils assiégés par 16 000 FFI et quelques artilleurs et fantassins américains.

Une histoire aux marges de l’Histoire ; petite guerre quasi médiévale, avec ses ruses et ses pièges, ses prises de guerre et ses otages, ses victoires éphémères et ses revanches du lendemain. Et au milieu, dans un décor de gourbis, de Posten et de tranchées, de marais inondés et de fermes qui brûlent, un petit peuple épuisé, sans pain, sans feu ni lumière, et bientôt sans espoir.

« On nous avait oubliés », disent les derniers témoins… Jusqu’au 11 mai 1945 où la 2ème Guerre mondiale éteignait ses derniers feux dans de petites bourgades aux noms inconnus : Cordemais, Bouvron, La Sicaudais…

Une histoire pour les historiens et pour tout public

Cet ouvrage s’adresse à tout lecteur curieux de découvrir une page palpitante de notre histoire régionale et nationale. Néanmoins, il ne se présente pas comme un livre d’histoire académique, mais plutôt comme la tentative de dévoilement de la mécanique interne d’un grand récit animant aussi bien les civils que les soldats des deux camps, soit 180 000 protagonistes pendant neuf mois.

Pour répondre à l’exigence de respecter la parole des derniers témoins, on y trouvera une abondance de détails et même des passages dialogués. Mais au-delà de mon envie de restituer une mémoire collective, je tiens compte de l’historiographie existante et recours à de nombreuses citations en italiques, m’efforçant d’inscrire chaque évènement, du plus important au plus ténu, dans un cadre historique plus global, ce qui permet quand cela est possible d’en proposer une interprétation tenant compte à la fois des aspects militaires, politiques et psychologiques.

Le chercheur comme le lecteur ordinaire trouveront donc ici un répertoire de faits, de combats, de dates clés, de personnages, de noms d’unités ou de villages illustrant la complexité infinie de cette entité historique mal connue. Pour une lecture utile de certains chapitres, le recours à la carte d’état-major pourra s’avérer nécessaire… Sauf à s’abandonner au bercement poétique des noms de villages.

De la lecture continue à la consultation thématique d’une base de données, toutes les lectures sont possibles.

On pourra faire connaissance avec les ouvrages de l’auteur en cliquant sur chacune des couvertures ci-dessous :


 

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